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LA POSE DE LA VOIE ET LE BALLASTAGE.(texte de Michel Haurit - AMFP RATP) Ce serait vraiment dommage d'ignorer une méthode simple et facile, déjà utilisée par les modélistes confirmés mais pouvant l'être par les modélistes débutants. Sans doute mise au point par les modélistes américains, cette méthode a été décrite à la fin des années 70 par Jacques Leplat dans Loco‑Revue. La méthode de ballastage est décrite dans la troisième partie de cette notice, elle se résume à deux phases consécutives : la mise en place des cailloux à sec, puis le collage proprement dit qui est l'étape ultime. Plusieurs recettes ont déjà été décrites dans les revues, pour celui qui les a lues mais qui n'a jamais essayé, il ne lui reste souvent que des souvenirs confus. Lors de démonstrations, les amateurs donnent souvent l'impression qu'ils connaissent, aux questions qu'ils posent, on se rend vite compte du contraire. Il n'est donc pas inutile de revenir sur le sujet. En dehors de sa facilité de mise en oeuvre et de ses résultats réalistes, l'un des principaux avantages de cette méthode est qu'elle peux se faire en TROIS ÉTAPES INDÉPENDANTES durant la construction de son réseau. PLUSIEURS MOIS PEUVENT S'INTERCALER ENTRE CES ÉTAPES, donnant ainsi le temps nécessaire pour fignoler et... pour éviter les erreurs. Pas la peine de courir ni de s'affoler avec de la colle étalée partout qui commence à prendre et qui a caché le tracé de la vole, de la peinture qui poisse et qui tâche, des cailloux qu'il faut rapidement étaler parce que la colle ne va bientôt plus coller.
CHOIX DES MATERIAUX: Dans la réalité, la voie (rails et traverses) est posée sur un "tas" de cailloux identiques du haut en bas, ce "tas" est plus élégamment appelé "ballast". En miniature, ce ballast est constitué d'une semelle en matière relativement souple (liège par exemple), la surface supérieure est "habillée" d'une représentation des cailloux... en vrais petits cailloux. LA SEMELLE. Utiliser du liège d'environ 4 mm d'épaisseur car facile à couper au cutter et souple pour prendre les courbes. On peut l'acheter tout prêt chez les revendeurs de train (bandes biseautées en deux parties) ou au rayon isolation ou décoration d'un magasin de bricolage (rouleau de 8 m de long, 4 mm d'épaisseur, 0,50 m de large; il existe aussi en 2 mm d'épaisseur). Plus économique, facile à découper et à coller (colle vinylique), signalons aussi le "Depron" de 3 mm d'épaisseur qui se vend au rayon isolation en plaque carré de 1,20 m. Surtout ne pas biseauter les cotés car les cailloux « coulent » au moment du collage, le biseau se fera naturellement par l'accumulation des grains de ballast (cette recommandation anticipe l'étape 3). Et le bruit ? Pas de miracle même avec une semelle en liège: dès que les cailloux sont présents, ceux‑ci reflètent (et amplifient) le bruit du moteur et des roues de tous les véhicules sur le rail. LES CAILLOUX. En cette époque où l'on affine l'épaisseur des boudins de roues et la hauteur du rail (et des tire‑fond) en passant du code 100 aux codes 83 et 75, pourquoi ne pas s'appliquer aussi à raffiner la taille des cailloux. Un véritable caillou de ballast mesure entre 40 à 50 mm de diamètre, ce qui fait entre 0,5 et 0,6 mm en HO. A notre échelle, qu'est‑ce qui ressemble plus à des vrais petits cailloux que le sable! Le sable est le matériau le meilleur marché, cependant, il n'est pas toujours de la bonne taille ni de la bonne couleur. Depuis quelques temps, l'artisan GPP s'est penché sur la question en présentant sur le marché une gamme de sable de différentes couleurs conformes aux vrais ballasts rencontrés. Il existe aussi le ballast Woodland Scenic mais il est moins facile à coller (un peu gros, pour le HO, utiliser celui proposé pour l'échelle N).
PREMIERE ETAPE: POSE DE LA VOIE ET DE LA SEMELLE La pose simultanée de la voie et de la semelle de liège biseauté se fait avec des petits clous discrets. Comme la semelle de liège n'est pas collée sur la plate‑forme de voie, pour obtenir des raccordements en douceur entre ligne droite et ligne courbe, il suffira de clouer ou de déclouer jusqu'à ce que l'oeil soit satisfait. Un certain sens artistique et un oeil critique permettent d'obtenir des courbes beaucoup plus harmonieuses que de savantes constructions géométriques. Je peux vous affirmer que ça tient puisque c'est fait ainsi depuis de nombreuses années sur le réseau de mon club, celui de l'AMFP‑RATP! A l'issue de cette étape, on peut utiliser son réseau pendant plusieurs mois si on le souhaite avant de passer à la seconde étape! Cela permet de le roder, de découvrir des anomalies, de les rectifier, de rectifier une courbe mal tracée, de relever un virage (avec du ticket de Métro), de rajouter ou de déplacer un aiguillage, cela permet la coupure des rails pour la création de zones d'arrêts, la soudure des éclisses et des fils électriques ‑ (sous le patin du rail pour les plus doués, ça fait plus joli 1 Attention, la semelle en Dépron fond, souder rapidement). ... quelques mois après... DEUXIEME ETAPE: MISE EN PEINTURE Mise en peinture des rails et des traverses. Ne pas les peindre serait commettre une faute grave compromettant le réalisme final escompté. Point n'est besoin de peinture coûteuse en aérosol ou aérographe, il suffit de tout peindre ‑rails et traverses‑ sans faire de détail (prudence ‑ aiguillage`) avec un gros pinceau rond et,de la peinture marron (ou gris marron) mat acrylique genre AVI 3000 en prenant la précaution au fur à mesure d'essuyer immédiatement le dessus du rail avec un chiffon (inutile d'attendre car il faudra gratter, le résultat ne serait pas net et vous aurez rayé la surface du rail, ce qui est peu propice au bon passage du courant électrique). Ne pas s'inquiéter de tâches de peinture sur la semelle de liège puisque ultérieurement, les cailloux du ballast cacheront tout! Votre réseau peut encore rester dans cet état plusieurs mois et vous pouvez quand même vous en servir! Remarque: De la peinture mat glycérophtalique peut être utilisée, je ne la recommande pas car l'odeur est forte, les vapeurs nocives, le nettoyage des tâches et du pinceau moins facile. Pour améliorer le réalisme, nuancer la couleur des flancs de rail. A l'aide d'un petit pinceau, peindre l'extérieur des rails en rouille 62 Humbrol, l'intérieur des rails, qui est plus sombre, peut rester de la même couleur que les traverses ou être peint en brun 26 ou 29 Humbrol. Les traverses peuvent être patinées avec un frottis grisâtre. ***Gare aux aiguillages! De la peinture abondante s'écoulant par capillarité dans les pivots des lames d'aiguilles peuvent engendrer deux problèmes: collage du pivot: la lame ne bouge plus!, et isolation électrique: la lame ne conduit pas le courant électrique (et ne pas trop compter sur un bon contact avec le rail fixe voisin!
... quelques mois encore après... TROISIEME ETAPE: LE BALLASTAGE, POSE ET COLLAGE DES CAILLOUX. Conseil préliminaire: juste avant cette troisième étape, vous pouvez coller le sable fin représentant les pistes cyclables ou les zones entre ballast et végétation. a) POSE DES CAILLOUX assurant la représentation du ballast. La pose des cailloux se fait à sec, le collage se fera ultérieurement. Étape délicate et gui demande le plus grand soin: Vous devez disposer le mieux possible les cailloux à sec, car tels vous les disposerez, tels vous les retrouverez une fois collés. Pas question d'aspirer l'excédent car tout sera collé! La perfection sera collée, ce sera tant mieux! Les défauts seront malheureusement aussi collés, cela vous obligera à gratter de‑ci, delà pour tout rectifier. A l'aide d'un petit récipient (un gobelet en plastique transparent permet le contrôle du travail), versez tout doucement les petits cailloux entre les rails et de chaque coté. Essayez de les répartir du mieux possible, ne pas en mettre de trop, ils doivent complètement remplir l'espace entre les traverses et arriver au ras de celles‑ci. Avec un pinceau plat, faire avancer le surplus de cailloux vers une extrémité. Éliminer le surplus avec une petite pelle confectionnée dans un ticket de métro. Retirez les cailloux restés aux extrémités des traverses en y faisant glisser le coté du petit doigt. Les petits cailloux roulent en désordre en bas du tas et au‑delà. A l'aide d'une règle plate, réalignez la base du tas, remontez le si nécessaire, profitez en pour donner une pente réaliste au ballast. Nous voici arrivé à une étape intermédiaire délicate, aussi délicate que le moment d'une prise de vue au début du siècle lorsque le photographe intimait l'ordre à ses sujets: NE BOUGEZ PLUS! Voici le moment crucial où il ne faut plus rien bouger car c'est le moment tant attendu du collage! Mais avant, préparons la colle!
b) PREPARATION DE LA COLLE: Le fameux mélange magique qui permettra le collage des cailloux par capillarité, il s'agit tout simplement de colle à bois (colle vinylique) assez fortement diluée avec de l'eau pour la rendre très liquide. Dans un flacon translucide, versez un volume de colle à bois, complétez par trois volumes d'eau, ajoutez‑y 2 à 3 gouttes de produit à vaisselle genre MIR (proportions données pour un verre de table de 15 cl). Ce "MIR", c'est un ,.agent mouillant" permettant aux gouttes du fameux mélange magique de bien s'étaler et de bien mouiller les cailloux par capillarité. Transférez le fameux mélange magique dans un flacon souple pour gouttes nasales. Vous êtes prêt, le collage peut commencer. c) COLLAGE DES CAILLOUX: A l'aide du flacon souple, déposez délicatement le fameux mélange magique entre les traverses, n'hésitez pas à an mettre abondamment, même sur les traverses, ce n'est pas grave car la colle disparaît comme par miracle en ;échant (normal, c'est un mélange magique). Avancez entre les rails, et de part et d'autre, n'oubliez aucun endroit... C'est tout! Il n'y a plus qu'à attendre que ça sèche: 4 ou 5 heures. Y'utilisez pas de seringue comme cela est parfois proposé. De capacité limitée et peu maniable pour un goutte à goutte régulier, le déplacement parfois brutal du piston engendre des jets violents qui déplacent les cailloux ! Suggestion d'organisation. Vous poser et coller le ballast un soir, vous allez travailler le lendemain, le soir en entrant du boulot, vous retrouvez votre ballastage sec! Ce n'est pas plus compliqué que cela! d) AMELIORATION DE LA METHODE. Pour faciliter l'étalement des gouttes de colle, vous pouvez vaporiser finement de l'eau sur les cailloux sans les déplacer (vaporisateur à parfum ou pulvérisateur à fleur). Le seul problème, c'est que lorsque tout est mouillé, on ne voit plus où on a mit de la colle si on ne se fait pas des points de repères.
Annexe: Voies de débords ou voies secondaires dans une gare. Contrairement aux voies principales, ces voies sont plutôt en creux par rapport au niveau du soi environnant, leurs traverses sont beaucoup plus écartées. ne perchez pas la voie sur le sommet de la semelle, posez‑la à même la table de roulement, écartez les traverses ,n les séparant (par en dessous, coupez les liaisons du travelage), espacez‑les (1,5 fois l'espace habituel), retirez celles qui sont en trop. Peignez les traverses en gris (vieux bois sec) et les rails en rouille. Rehaussez le niveau du sol entre les voies en collant du liège de 2 mm d'épaisseur, l'arrêter à 3 mm de l'extrémité des traverses en le biseautant. Coller de la terre fine pour représenter cette zone où peuvent rouler les camions, coller un ballast médiocre dans la zone en creux et entre les traverses selon la méthode décrite précédemment. Michel Haurit (AMFP RATP)
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